Notre système de santé est en grande difficulté depuis plusieurs années. La crise sanitaire de 2020
n’a fait qu’en révéler et aggraver les symptômes, que ce soit sur le plan de la prévention, de
l’organisation des soins, de l‘attractivité des métiers et de la soutenabilité du système avec un
niveau d’endettement public qui n’est plus acceptable. Un des constats est que les modalités
d’élaboration de la politique de santé sont très éloignées du terrain, malgré des relais que sont notamment les organes de démocratie sanitaire.
Depuis 30 ans les collectivités ont développé des politiques publiques en matière de santé souvent
contractualisées pour répondre aux enjeux sanitaires de leur territoire, déclinant dans la mesure
du possible les stratégies régionales de santé. En parallèle, les délégations santé au sein du bloc
communal se sont multipliées, notamment après la pandémie. Aux défis sanitaires bien connus, se sont ajoutés les défis environnementaux.
La territorialisation de la santé est devenue un leitmotiv politique, mais sans ambition ni vision.
Est-ce que tous les territoires peuvent y prétendre ? Quels outils pour la piloter, et avec quelles
données ? Est-ce que la gouvernance doit être imposée ? L’équité entre les territoires est-elle
atteignable, alors que les inégalités sociales et territoriales de santé ne fléchissent pas ? Comment
faire prendre un virage prioritaire à la prévention, tout en instaurant une coordination des
nombreux acteurs locaux et des dynamiques territoriales ? Comment en mesurer la performance
dans la dépense publique ? Quelles attentes de la population ? Tous ces questionnements résonnent encore davantage à l’aune des prochaines élections municipales.
L’association Élus Santé Publique et Territoires (ESPT), association nationale pour le développement
de la santé publique qui œuvre pour la promotion et la reconnaissance du rôle des collectivités
territoriales en santé, organise sa 28ème Journée nationale d’étude, le 6 octobre 2025 au Palais du Luxembourg.
Cette journée sera l’occasion, en présence de tous les acteurs impliqués, d’aborder ces questions et
d’essayer de reconfigurer la gouvernance territoriale de la santé pour qu’elle s’inscrive dans un modèle plus vertueux.