Actes de la 20e journée nationale d’étude : “Santé et vieillissement : le pouvoir des collectivités locales” (décembre 2018)
Rien de nouveau : l’espérance de vie s’allonge, les Français vieillissent. Les baby boomers nés après-guerre atteignent l’âge de la retraite. Néanmoins, ce vieillissement ne revêt pas la même forme sur l’ensemble du territoire français ni pour toutes les catégories sociales. Les enjeux sont à envisager sous des angles différents selon les caractéristiques des territoires: villes de taille moyenne, métropoles ou bourgs ruraux. Ce vieillissement pose également des questions spécifiques pour les populations vivant dans les quartiers populaires. En effet, comme le souligne une étude d’octobre 2017 de l’ONPV (Observatoire national de la politique de la ville), la population des QPV est certes en moyenne très jeune, mais la part de personnes âgées y est croissante.
L’augmentation de la proportion des personnes âgées dans la population française totale augure de défis nouveaux pour la société toute entière. Au sein des cellules familiales, elle interroge notamment le lien entre les générations, elle questionne la réalité d’un véritable choix du lieu que l’on souhaite habiter pour vieillir, chez soi ou dans un établissement. Aux professionnels du soin et de l’accompagnement médico-social, elle impose de réfléchir ensemble aux interactions spécifiques entre «virage ambulatoire » et vieillissement, et aux nouvelles modalités de collaboration entre hôpital, soignants et services médico-sociaux de ville et services généraux de la Ville. Elle interpelle avec force celles et ceux qui ont été élus pour représenter les citoyens à l’échelon local, pour mener des politiques publiques adaptées aux besoins et garantir le bien-être des habitants, la sécurité et la possibilité de vivre ensemble.
Quelle politique coordonnée, quelles initiatives les communes peuvent-elles mettre en oeuvre sur leur territoire pour répondre à ces objectifs ? Quelles démarches territorialisées permettent d’articuler «vieillesse » et «santé », réfléchie dans son sens global et pas uniquement celui de l’accès aux soins, des parcours de soins ? En particulier, comment la question du vieillissement est-elle prise en compte dans les Contrats Locaux de Santé, dans les Ateliers Santé Ville ? Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, l’évolution démographique – avec une population de plus de 60 ans aussi nombreuse en 2010 que celle des 15 à 24 ans – vient requestionner les orientations de la politique de la ville alors que celle-ci est historiquement tournée vers la jeunesse. Comment vivre vieux et malades dans les territoires ruraux, comment vivre vieux et en bonne santé, en étant pleinement citoyens, participant à la vie de la cité, en particulier lorsque l’on est dans une situation de cumul des vulnérabilités, précaire et isolé ? Comment mieux vivre ensemble au sein de la Ville ?
La 20ème Journée nationale d’étude de l’association « Élus, santé publique & territoires» proposera de réfléchir ensemble, élus, professionnels, institutions, associations, citoyens, à ces questions cruciales: quelles sont les « clés» du bien vieillir dans la cité en bonne santé ou malgré un état de santé qui se dégrade, une maladie chronique ? Comment promouvoir l’autonomie, la santé des personnes âgées et leur participation sociale ?
Finalement, quel est le rôle de la commune et de ses services dans l’accompagnement du vieillissement, y compris en santé : quelle organisation, quelles modalités d’accompagnement, quels dispositifs proposer pour cette catégorie croissante de notre population ? Comment les élus se saisissent-ils de ces questions ?
La problématique «habitat et santé mentale», maintes fois ainsi formulée, continue d’alimenter les préoccupations des acteurs en présence. Malades, soignants, élus, organismes de logement et tutelles du soin et de l’action sociale tentent de trouver ensemble les modalités
Cette Journée nationale d’études, organisée par l’association Élus, santé publique & territoires et le Réseau français des villes-santé de l’OMS vise à apporter connaissances, réflexions et expériences sur le développement des politiques locales de santé.
L’objectif de cette Journée est de présenter, du point de vue d’une collectivité locale, les nouveaux enjeux politiques ainsi que les controverses que pose la prise en compte des facteurs environnementaux dans l’élaboration d’une politique locale de santé.
Territoire de la vie quotidienne et des liens sociaux et professionnels, la ville est le lieu privilégié pour une approche globale de la santé et de la santé mentale, de la prévention à la réhabilitation en passant par le soin. La prévention vise à empêcher la survenue ou l’aggravation de la maladie par réduction des facteurs de risque, organisation du dépistage, promotion de la réinsertion des personnes vivant avec des troubles psychiques. Parce qu’aucune politique de santé et de prévention ne peut se mettre en place sans l’implication des élus locaux, les villes doivent prendre toute leur place dans la réponse aux questions de santé mentale. Les Conseils locaux de santé mentale (CLSM), lieux de convergence des acteurs, de débats et de décision représentent l’organisation indispensable pour la mise en œuvre d’une politique cohérente de santé mentale dans la Cité.
Cette Journée a pour objectif de réfléchir ensemble, avec toutes les institutions et acteurs concernés, à une meilleure prise en charge de la Santé mentale, coordonnée et territorialisée par les Conseils locaux en santé mentale.
La réponse de la société face aux troubles de la santé mentale et aux perturbations qu’elles engendrent pour ceux qui en souffrent et pour ceux qui vivent autour doit organiser harmonieusement accès aux soins, respect des sécurités pour tous, protection des libertés individuelles.
Si l’on peut considérer que les jeunes sont majoritairement en « bonne santé », nombre d’études et d’observations montrent que la réalité est plus contrastée : accroissement des pratiques et des consommations à risque témoins d’une souff rance ou d’un malaise, développement de pathologies diverses (problèmes dentaires, mal de dos, troubles alimentaires, IST…) qui altèrent la santé des jeunes et peuvent avoir à plus ou moins long terme des conséquences graves pour leur insertion harmonieuse dans la société.