Actes de la 21e journée nationale d’étude : “Les villes : fabriques de santé ?” (septembre 2019)
On le sait : la santé n’est pas une compétence obligatoire des villes. Pourtant, depuis sa création, l’association « Élus, santé publique & territoires» plaide pour une reconnaissance du rôle des villes et de leurs groupements, en santé. Cet enjeu est même au cœur du projet associatif : ESPT œuvre pour une gouvernance partagée de la santé et la promotion de politiques locales de santé contractualisées avec l’État et les ARS, visant à lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé. Cet engagement des élus locaux est né dans le fil du déploiement des Ateliers Santé Ville (ASV) au début des années 2000, s’appuyant ainsi sur les liens entre politique de la ville et santé. Les Villes sont dans la proximité avec les citoyens et ont une connaissance fine des besoins et des ressources du territoire, en particulier dans les quartiers de la géographie prioritaire. Elles peuvent ainsi concourir à la «fabrique de la santé », avec l’ensemble des acteurs concernés.
Ce positionnement d’ESPT repose évidemment sur une appréhension de la santé au sens global telle que définie par l’OMS et sur les connaissances scientifiques acquises en lien avec les déterminants de la santé. La «territorialisation des politiques de santé » fait l’objet d’études, d’évaluations et, de plus en plus, de prises de position favorables à son développement. En particulier, la Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, évoque aujourd’hui de « nouvelles synergies» entre acteurs, à construire sur les territoires, pour structurer le système de santé de demain. Il reste sans doute à interroger les liens entre recherche et action publique, entre les volontés politiques et les « chemins de faire » possibles et les écarts qui ont pu se développer entre les concepts, les intentions initiales et leurs mises en œuvre.
A ce plaidoyer fondateur est venu s’agréger celui de la nécessaire « démocratie en santé » c’est-àdire la contribution pleine et effective des habitants usagers citoyens aux réflexions, projets, instances relatifs à la santé. ESPT plaide ainsi pour une gouvernance partagée de la santé, y compris avec les citoyens. Il s’agit de «faire avec » eux, en recherchant leur implication à chaque étape. Cette démarche était également au cœur de l’ambition portée par les ASV sur les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Il reste sans doute aussi à interroger les logiques et les stratégies des autres acteurs en présence, les opportunités réelles, et pas seulement celles souhaitées, des citoyens d’exercer ce pouvoir de « co-construction » des politiques de santé.
Alors que l’association « Élus, santé publique & territoires» approche les 15 années d’existence, elle propose, à travers cette journée d’étude, un retour réflexif sur son action et son histoire, qui interroge non seulement ses membres mais au-delà chacun des professionnels concernés et des citoyens. En particulier, pourquoi l’échelon municipal, et plus finement encore celui d’un QPV, est-il pertinent en santé ? De quelles opportunité et légitimité à agir disposent les élus locaux ?
La 21ème Journée nationale d’étude de l’association proposera ainsi d’explorer ces questionnements complexes et multidimensionnels. Elle invitera à mettre en perspective les points de vue d’élus locaux, de professionnels, de partenaires institutionnels et associatifs, de chercheurs en sciences sociales, en épidémiologie, en géographie, de citoyens, autour de leur analyse du rôle des collectivités et des élus locaux dans «la fabrique de la santé », de la pertinence des démarches territorialisées en santé et des enjeux de la démocratie en santé.
ESPT et le Centre collaborateur de l’OMS pour la recherche et la formation en santé mentale de Lille ont édité une brochure introductive sur le rôle des municipaux dans la santé mentale et sur les actions qu’il est possible de mener en matière de santé mentale à l’échelle des communes.
Rien de nouveau : l’espérance de vie s’allonge, les Français vieillissent. Les baby boomers nés après-guerre atteignent l’âge de la retraite. Néanmoins, ce vieillissement ne revêt pas la même forme sur l’ensemble du territoire français ni pour toutes les catégories sociales. Les enjeux sont à envisager sous des angles différents selon les caractéristiques des territoires: villes de taille moyenne, métropoles ou bourgs ruraux. Ce vieillissement pose également des questions spécifiques pour les populations vivant dans les quartiers populaires. En effet, comme le souligne une étude d’octobre 2017 de l’ONPV (Observatoire national de la politique de la ville), la population des QPV est certes en moyenne très jeune, mais la part de personnes âgées y est croissante.
La problématique «habitat et santé mentale», maintes fois ainsi formulée, continue d’alimenter les préoccupations des acteurs en présence. Malades, soignants, élus, organismes de logement et tutelles du soin et de l’action sociale tentent de trouver ensemble les modalités
Cette Journée nationale d’études, organisée par l’association Élus, santé publique & territoires et le Réseau français des villes-santé de l’OMS vise à apporter connaissances, réflexions et expériences sur le développement des politiques locales de santé.
L’objectif de cette Journée est de présenter, du point de vue d’une collectivité locale, les nouveaux enjeux politiques ainsi que les controverses que pose la prise en compte des facteurs environnementaux dans l’élaboration d’une politique locale de santé.
Territoire de la vie quotidienne et des liens sociaux et professionnels, la ville est le lieu privilégié pour une approche globale de la santé et de la santé mentale, de la prévention à la réhabilitation en passant par le soin. La prévention vise à empêcher la survenue ou l’aggravation de la maladie par réduction des facteurs de risque, organisation du dépistage, promotion de la réinsertion des personnes vivant avec des troubles psychiques. Parce qu’aucune politique de santé et de prévention ne peut se mettre en place sans l’implication des élus locaux, les villes doivent prendre toute leur place dans la réponse aux questions de santé mentale. Les Conseils locaux de santé mentale (CLSM), lieux de convergence des acteurs, de débats et de décision représentent l’organisation indispensable pour la mise en œuvre d’une politique cohérente de santé mentale dans la Cité.
Cette Journée a pour objectif de réfléchir ensemble, avec toutes les institutions et acteurs concernés, à une meilleure prise en charge de la Santé mentale, coordonnée et territorialisée par les Conseils locaux en santé mentale.
La réponse de la société face aux troubles de la santé mentale et aux perturbations qu’elles engendrent pour ceux qui en souffrent et pour ceux qui vivent autour doit organiser harmonieusement accès aux soins, respect des sécurités pour tous, protection des libertés individuelles.